Chanson - Musique du monde

Un Jardin pour Gardel - Antonio Placer/Jean-Marie Machado

Un Jardin pour Gardel - Antonio Placer/Jean-Marie Machado

Date de sortie :
6 & 7 novembre – Studio de l’Ermitage (Paris)

J’ai Gardel dans les valises intimes de mon enfance. Ma mère a décidé de l’introduire dans un coin de ma voix depuis l’instant où j’ai séjourné dans la demeure vitale de son ventre. Elle a installé cet oiseau migrant au cœur de mon chant, elle lui cherchait certainement une nouvelle terre d’accueil à son amant de l’âme, à l’abri des jalousies orageuses de mon sacré père. En tout cas, mon Soi sait que l’on ne m’a rien demandé en ce qui concerne ce hors-la-loi franco-argentin à la trajectoire universelle. Le clandestin, à bord du bateau de mon âme a pris sa place, à bâbord et à tribord de mes chansons au caprice des vents. Cette « greffe toulousaine de Buenos Aires» a forgé son dard animal dans les tréfonds de mon instinct musical. Gardel, en moi, c’est le secret de fabrication de cette mère forgée dans le Finisterre galicien avec un marteau d’écume «atlantiterranéen». Une partie de cette famille maternelle a dû fuir en Argentine après la guerre civile espagnole pour revenir par hasard avant la fin du vingtième siècle s’installer à Toulouse sur les traces de cette perle rare du Tango. Mais le premier indice sensible à ce complot a été dévoilé par les larmes du violon de Fernando Suarez Paz, compagnon d’Astor Piazzolla, qui, s’approchant de mon chant craché, chuchotaient tout simplement : «Tenés un algo de Gardel !»