CHEVRY

CHEVRY

En 2016, cela fera vingt ans qu’il a eu « le coup de foudre » pour la Russie. Lors d’un festival à Melun, une interprète russe tombe sous le charme de ses compositions. « Je lui avais alors envoyé une cassette audio. À l’époque, le courrier mettait trois mois pour arriver… » Helena, c’est son prénom, l’invite deux ans plus tard à Ekaterinbourg, pour un festival musical dans cette ville autrefois « interdite aux étrangers ». Lui, l’autodidacte, biberonné à Neil Young et Maxime Leforestier, et marathonien de concerts en région parisienne, se retrouve propulsé sur la très grande scène d’un vieux théâtre, devant un parterre d’apparatchiks. « Un tourneur russe s’est occupé de moi, avec gardes du corps en kalachnikov, j’ai été payé en dollars russes », se souvient-il, « ce fut un choc ». Le « frantsuzskiy » (le Français) donne des interviews à la télé, à la radio. On le présente comme une star en France. Étonnante méprise, qui va perdurer. « J’ai tenté de nier, mais mon interprète a fait comme si c’était vrai… » Il n’y a qu’un truc « qui (me) sauve alors : la scène ». Les Russes sont avides de curiosité des années après la chute du bloc communiste, curieux de cette France idéalisée, de Paris, de ses chansons.

 

En une trentaine d’expéditions musicales/tournées en Russie, son audience croît, TF1 le suit pour un reportage. C’est désormais en Iakoutie et en Sibérie – « la vraie Russie comparée à Moscou ou Saint-Pétersbourg » - qu’il fait « carrière ». Il élargit le cercle jusqu’en Inde, en Slovaquie.